đ„ Si tu pratiques le karatĂ© ou un autre art martial japonais, tu as sans doute dĂ©jĂ entendu parler des “kangeiko“. Cette expression japonaise peut ĂȘtre traduite par “entraĂźnement d’hiver“, mais qu’en est-il vraiment ? Dans cet article je te propose de partir Ă la dĂ©couverte de ces entraĂźnements spĂ©ciaux.
 Le Karaté Club Colombes organise son #KanGeiko les 3 et 4 janvier 2026 !

La signification de kangeiko
En japonais, kangeiko s’Ă©crit avec les 3 kanji suivants : ćŻçšœć€. Le premier, kan (ćŻ) signifie froid, et les deux suivants, keiko (çšœć€) peuvent se traduire par “entraĂźnement”. Ce mot keiko est assez rĂ©pandu dans le monde du karatĂ©, et il peut ĂȘtre dĂ©composĂ© en deux parties : kei (çšœ) = rĂ©flexion et ko (ć€) = ancien. Un keiko est donc plus qu’un simple entraĂźnement : c’est une prĂ©paration avec des rĂ©pĂ©titions, et une rĂ©flexion par rapport Ă soi et Ă sa pratique et donc, par rapport au passĂ©.
Ainsi, dans les arts martiaux japonais, le kangeiko est un entraĂźnement intensif, au plus froid de l’hiver (et gĂ©nĂ©ralement dans la nature), qui dure plusieurs jours, et dont l’objectif est le dĂ©passement de soi, Ă travers des exercices physiques et rĂ©pĂ©titifs, sur des techniques de base. Ces exercices sont pratiquĂ©s en groupe par les Ă©lĂšves.
L’origine du kangeiko
Le kangeiko est une ancienne tradition japonaise, qui se dĂ©roule dĂ©but janvier en extĂ©rieur. Les Ă©lĂšves du dojo sont invitĂ©s Ă participer Ă cet Ă©vĂ©nement, dont le but est de s’entraĂźner dans des condition difficiles, ceci afin de renforcer leur “esprit de combattant”, et se prĂ©parer mentalement et physiquement Ă la reprise aprĂšs les fĂȘtes. Ces Ă©preuves permettent Ă chacun d’avoir une rĂ©flexion sur soi, sur ses limites, ses forces, et ses faiblesses, afin de se remettre en question et se fixer un cap pour la nouvelle annĂ©e.
Cette tradition remonte aux moines bouddhistes, qui parait-il, choisissaient les jours les plus froids, pour donner l’exemple, en allant mĂ©diter dans la nature. EmpruntĂ©e par les samouraĂŻs, elle fut ensuite adoptĂ©e par le sumo, par le judo, puis par les arts martiaux japonais plus modernes, comme le karate ou l’aĂŻkido. De nos jours, on retrouve les kangeiko dans le sport et mĂȘme dans les entreprises.

Pourquoi participer Ă un kangeiko ?
Nous l’avons vu, ces entraĂźnements, permettent une remise en question de soi, une Ă©valuation Ă un instant T permettant de se fixer de nouveaux objectifs, et une façon de dĂ©marrer l’annĂ©e avec une motivation plus forte. Cependant, il existe diffĂ©rentes sortes de kangeiko : plus ou moins longs, plus ou moins “rudes”, au dojo ou en extĂ©rieur : les plus Ă©prouvants (et les plus populaires sans doute) sont ceux des karateka du style kyokushin (ou kyokushinkai, fondĂ© par MaĂźtre Masutatsu Oyama), tant par les conditions climatiques (froid, neige) que par leur durĂ©e, l’intensitĂ© physique et le niveau de stress mental.
Mais ces entraĂźnements ont d’autres vertus que la prĂ©paration individuelle. En effet, le soutien, l’encouragement, et l’effort collectif, sont autant d’autres Ă©lĂ©ment essentiels d’un kangeiko : ceci s’inscrit parfaitement dans l’esprit du budo, oĂč les anciens (senpai) aident les plus dĂ©butants (kohai). Souvent, les participants dorment et dĂ©jeunent ensemble, crĂ©ant ainsi un esprit de groupe, de solidaritĂ© et de partage.
EntraĂźnement d’Ă©lĂšves d’un dojo JKA sous une cascade d’eau glacĂ©e
Tu te sens d’attaque pour ces entraĂźnements ?
Si tu n’as jamais participĂ© Ă un kangeiko, je t’encourage Ă le faire. Bien sĂ»r, c’est un dĂ©fi, un challenge, plus ou moins difficile, mais comment progresser si on se cantonne Ă son confort quotidien dans un dojo bien chauffĂ© ? C’est lĂ qu’on reconnait ceux qui on un esprit fort, indĂ©pendamment de leur grade, prĂȘts Ă travailler leur technique de base, et Ă renforcer leur corps : c’est aussi ça le “shin gi tai“.
Chaque annĂ©e, plusieurs clubs organisent un kangeiko. Nos Ă©lĂšves ont d’ailleurs eu plusieurs fois l’occasion de participer Ă celui d’autres clubs. En Ă©tĂ©, on retrouve l’Ă©quivalent du kan geiko, appelĂ© shochu geiko (æäžçšœć€). Nous organisons aussi chaque Ă©tĂ© un shochugeiko.
Il existe d’autres Ă©vĂ©nements traditionnels japonais comme le Kagami Biraki (éĄéă), signifiant “ouvrir le miroir”, et qui sont l’occasion d’entraĂźnements intensifs. Le dojo Kikentai de Jacques Tapol en organise un tous les ans en janvier, avec la pratique du karatĂ© pendant la nuit : avis aux amateurs. Et s’il n’y a rien prĂšs de chez toi, tu peux toujours t’entraĂźner seul (en ligne ou en extĂ©rieur). Oss !
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Et toi, tu as dĂ©jĂ participĂ© Ă ce type d’entraĂźnements ?
Auteur de l'article

Professeur de Karate
6° dan FFK - 5° dan JKA - BEES 2
